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Le déclic : une lente révolution dans le voyage

Imaginez : vous êtes assis au bord d’un sentier, au son des cigales. Autour de vous, pas de bus à touristes, pas de bousculade, juste un paysage, des visages, des histoires locales. Ce n’est pas une carte postale — c’est la réalité du slow tourisme, une manière de voyager qui valorise l’expérience sur la vitesse. Ici, on approfondit, on ressent, on vit. (Big Media)

📌 Définition clé : le slow tourisme, c’est l’art de voyager en prenant son temps — privilégier immersion, moyens de transport doux, consommation locale, respect du lieu et de ses habitants. 


Pourquoi ça change tout : une transformation du tourisme

Un jour, des voyageurs se sont dit « assez ! » — fatigués du tourisme de masse, dégoûtés par les foules et sensibles aux enjeux climatiques, ils ont commencé à chercher autre chose. Slow tourisme n’est plus un simple mot-clé, c’est devenu un mouvement sociétal puissant.

Quelques forces qui ont poussé cette évolution :

  • une usure du tourisme express, qui épuise lieux et visiteurs ;
  • une urgence climatique — sachant que le secteur pèse lourd dans les émissions de GES ;
  • la crise sanitaire, qui a fait redécouvrir le proche, le local, l’authentique ; 
  • et une évolution des attentes sociologiques vers plus de sens et de qualité. 

Le slow tourisme, un levier économique concret

Ce n’est pas juste beau sur le papier : le slow tourisme crée de la valeur réelle pour les territoires et les acteurs qui s’y engagent.

🔹 Par exemple, une étude de la Direction Générale des Entreprises (DGE) a montré que le slow tourisme à vélo a généré environ 4,6 milliards d’euros de retombées économiques — soit une croissance de 46 % en dix ans. (Big Media)

Et ce n’est pas tout :

  • le slow tourisme revitalise les économies locales, en orientant les flux vers les commerces, artisans, producteurs du territoire ; 
  • il stimule l’investissement et l’innovation pour les PME, qui peuvent se différencier face aux géants du tourisme traditionnel ; 
  • et il contribue à une croissance durable, plus respectueuse et intégrée. 

Acteurs, outils et stratégies gagnantes

🛠️ 1. Soutiens publics et dispositifs

Pour accompagner cette transformation, des dispositifs existent :

  • DATAtourisme, porté par ADN Tourisme, propose une plateforme open data pour créer des applications, circuits, cartographies et nouvelles expériences slow tourisme. (Big Media)

🏕️ 2. Le récit inspirant de Slow Village

L’histoire de Slow Village fait figure de modèle. Fondée par David Letellier, cette chaîne d’hôtellerie de plein air a levé des fonds auprès de Bpifrance et BNP Paribas pour créer des sites « sans voiture », privilégiant vélo, restaurations bio, matériaux propres et expériences immersives (potagers partagés, tiny houses éco-responsables…).

👉 Ce n’est pas juste un hébergement : c’est une philosophie qui attire des citadins en quête de sens et des campeurs fidèles, tout en générant croissance rentable et différenciation sur le marché.


Connecter tous les maillons

La prise de conscience ne se fait pas seule : elle se diffuse dans tout l’écosystème.

🎯 Par exemple, des événements comme « Osons le slow tourisme » réunissent prestataires, collectivités, réseaux professionnels et institutions pour co-créer, échanger et co-financer des projets durables. (Direction générale des Entreprises)


Et maintenant ? Et si vous en faisiez partie ?

Si vous êtes entrepreneur, porteur de projet ou simplement passionné par les territoires vivants, le slow tourisme n’est pas seulement une tendance : c’est une invitation à repenser ce que signifie voyager, accueillir et créer du sens — tout en générant de la valeur, durablement.

Vous pouvez :

  • explorer les outils numériques comme DATAtourisme pour enrichir vos offres ; 
  • penser votre modèle autour d’une RSE intégrée, cohérente avec les valeurs du territoire ;
  • prendre exemple sur des initiatives comme Slow Village pour transformer des idées en projets concrets ; 
  • ou encore participer à des réseaux et événements pour partager, apprendre et grandir ensemble. (Direction générale des Entreprises)

Ils se sont arrêtés là sans vraiment savoir pourquoi.
Un virage, un café encore fermé, une odeur de pierre chaude. Camille regardait son téléphone, Jules regardait le paysage.

On est en retard, dit Camille.
Ou en avance, répondit Jules.

C’est souvent comme ça que tout commence.

Ils venaient pour « voir ». Ils ont commencé à ressentir.

Un producteur local leur a parlé de son fromage comme on parle d’un enfant. Une hébergeuse leur a expliqué qu’ici, on ne propose pas des nuits, mais des séjours qui reposent. Personne ne leur a vendu quoi que ce soit. Et pourtant, ils ont eu envie de rester.

C’est bizarre, murmura Camille. On ne fait rien… et j’ai l’impression que ça me nourrit.

C’est à ce moment précis que le slow tourisme cesse d’être un concept pour devenir une prise de conscience.

Un peu plus loin, autour d’une table en bois, la discussion s’est élargie.
Un élu local, un entrepreneur, une guide nature. Tous racontaient la même chose, avec des mots différents.

Avant, on voulait plus de visiteurs.
Maintenant, on veut qu’ils restent.
Et surtout qu’ils repartent différents.

Le tourisme rapide a laissé des traces : saturation, uniformisation, fatigue des lieux autant que des gens. Le slow tourisme est né là, dans ce ras-le-bol silencieux, renforcé par les crises successives, climatiques et sanitaires. Voyager moins loin, mais mieux. Dépenser moins vite, mais plus justement. Créer du lien plutôt que des flux.

Et économiquement ? demanda Camille, toujours pragmatique.

Un sourire circula.

On lui parla alors de chiffres très concrets. Du tourisme à vélo, par exemple, qui génère plusieurs milliards d’euros de retombées et connaît une croissance continue. On lui expliqua que quand un voyageur reste plus longtemps, il consomme local, revient, recommande. Que la valeur ne se fait plus sur la quantité, mais sur la qualité de l’expérience.

Le slow tourisme, résuma Jules, ce n’est pas ralentir l’économie. C’est la rendre respirable.

Certains ont décidé de ne pas attendre que le mouvement passe.
Ils l’ont incarné.

Un entrepreneur racontait comment il avait créé des lieux sans voiture, pensés pour la marche, le vélo, les rencontres, la simplicité. Des hébergements conçus comme des villages vivants, soutenus par des partenaires publics et bancaires, dont Bpifrance, qui accompagnent ces modèles durables. Son projet s’appelle Slow Village. Et ce n’est pas un slogan, c’est une ligne de conduite.

D’autres s’appuient sur la donnée pour mieux raconter les territoires. Grâce à DATAtourisme, les acteurs locaux peuvent rendre visibles leurs chemins, leurs savoir-faire, leurs expériences, sans les dénaturer. Le numérique devient alors un allié discret, au service du sens.

Donc le slow tourisme, ce n’est pas revenir en arrière, conclut Camille.
Non, répondit l’élu. C’est choisir où l’on va.

Et c’est là que l’objectif apparaît clairement.

Le slow tourisme n’est pas une tendance douce pour amateurs de silence. C’est une opportunité stratégique pour les entrepreneurs, les territoires et les institutions qui veulent attirer autrement, durer plus longtemps et créer une économie alignée avec les attentes contemporaines : sens, sobriété, ancrage, relation.

Ceux qui s’y engagent ne vendent plus des nuitées, des activités ou des destinations.
Ils proposent des expériences de reconnexion.
Aux lieux.
Aux autres.
À soi.

Camille a rangé son téléphone.
Jules a souri.

Ils savaient qu’ils repartiraient.
Mais pas tout à fait comme avant.