Voir et rester

Dans le Périgord noir, voir ne suffit pas.
Le regard est saisi, puis quelque chose demande plus de temps.

Les hauteurs, les masses, la pierre attirent l’œil.
Elles affirment une présence.
Puis, sans transition nette, le corps réclame autre chose.
Un mur, une ombre, un endroit où s’arrêter.

Rester n’est pas l’opposé de voir.
C’en est la suite naturelle.


Château de Beynac

Page d’accueil


La masse s’impose immédiatement.
La hauteur organise le paysage.
On comprend sans explication que ce lieu a été pensé pour être vu.

Puis, après le saisissement, le pas ralentit.
Le regard quitte le panorama.
Il cherche l’ombre, la pierre, un appui.


Du regard au corps. De la hauteur à la retenue.


Remparts de Domme


https://www.perigordnoir.fr/offres/remparts-de-domme

La vue est large.
La vallée s’ouvre sans obstacle.

On pourrait repartir aussitôt.
Mais la pierre retient.
On s’appuie.
On reste un peu plus longtemps que prévu.


Voir appelle une pause. La pause devient présence.


Jardins du Plantier


https://www.sarlat-tourisme.com/offres/jardins-du-plantier

Après les hauteurs, le regard se repose.

Les arbres retiennent la lumière.
Les bancs ne promettent rien.
On s’assoit sans intention claire.


Rester sans programme. Regarder sans cadrer.


La Roque-Gageac


https://www.sarlat-tourisme.com/decouvrir/le-perigord-noir/villages/la-roque-gageac

Le village se montre d’un coup.
Falaise, rivière, pierre.

Puis on marche plus lentement.
Les passages étroits imposent leur cadence.
Voir ne suffit plus.
Il faut composer avec l’espace.


Le lieu montre, puis retient.


Ruelles et cours intérieures de Sarlat


https://www.sarlat-tourisme.com/decouvrir/sarlat/centre-historique

Ici, on ne voit plus de loin.
On est dedans.

Les murs rapprochent le regard.
Les cours ouvrent des respirations inattendues.
On reste parce que le lieu cesse de se montrer.
Il se laisse habiter.


Voir s’efface. Rester devient possible.


Rythme et posture

Voir et rester ne sont pas deux expériences distinctes.
Elles composent un même mouvement.

Le Périgord noir montre d’abord.
Puis il retient.
Il ne demande pas d’insister.
Il accepte simplement que l’on reste.

Quand le regard cède la place au corps,
le temps cesse d’être compté.


Conte bref

On raconte qu’un visiteur voulait tout voir.
Il a levé les yeux partout.

Puis il s’est assis.
Et c’est là qu’il a commencé à rester.